Essai Routier / Dodge Durango SRT 2018: pour parents (très) pressés

 

Le Dodge Durango SRT, c’est d’abord un moteur, un gros V8 de 6,4 L qui a été initialement conçu pour transformer en fumée les bottines arrière d’une Dodge Challenger. C’est également un véhicule à vocation familiale, avec ses six places, son grand espace de chargement arrière et ses deux écrans boulonnés derrière les appuie-têtes pour distraire la marmaille. Oui, vous avez bien compris, on a un sens de l’humour bien aiguisé chez Dodge.

Son design

C’est incontestable que cette déclinaison du Durango préparée par la division SRT (Street and Racing Technology) étale une arrogance bien assumée.

Sa calandre, en deux pièces et peinte d’un noir mat, ajoute un air patibulaire à la présentation de concert avec les différents orifices découpés dans le capot et le bouclier. Ceux-ci jouent d’ailleurs un rôle tangible, autant pour réguler la température que pour fournir en air l’immense coeur qui bat en dessous.

Cela dit, c’est surtout les costaudes jantes de 20 po qui définissent son impact visuel. Couvertes par des ailes surdimensionnées, elles enfilent des pneus de largeur presque caricaturale (295 mm) et cachent à peine les gros étriers Brembo, peints évidemment d’un rouge vif.

On remarque également l’angle de carrossage négatif des roues avant (les roues penchent vers l’intérieur), pour la tenue de route.

À bord

Le Durango ne peut être considéré comme un poulain du printemps, pour ne pas reprendre l’expression consacrée.

 La génération actuelle remonte tout de même à 2011. Cela se traduit par une présentation un peu vieillotte et pas très imaginative avec certaines moulures noires faites de plastique rigide.

Heureusement, la planche de bord est recouverte d’une matière synthétique cousue à la main qui imite bien le cuir, ce qui sauve un peu la mise. Hormis ce constat, le Durango propose une position de conduite confortable, renchérie par de bons sièges dotés de supports latéraux pas trop gênants. À l’arrière cependant, la version SRT perd une place dans la rangée médiane et l’espace pour les jambes est limité par l’épaisseur des sièges avant.

La dernière rangée est essentiellement là pour les jeunes enfants.

Sous le capot

C’est ici la pièce de résistance, un V8 Hemi de 6,4 L gourmand à culbuteurs de 475 ch et livrant 470 lb-pi de couple aux quatre roues en permanence.

Très vocal, surtout au démarrage à froid, il donne la réelle impression qu’on conduit une Challenger. Il chante d’une voix caverneuse une symphonie tantôt gâchée par la cylindrée variable, dont le mode quatre-cylindres peut paraître un peu cacophonique.

Ce gros V8 semble nonchalant lorsqu’on se concentre sur l’aiguille qui escalade lentement le tachymètre, mais l’indicateur de vitesse, lui, grimpe particulièrement rapidement. Le système d’infodivertissement, qui indique des données de mesure, affichait d’ailleurs un 0-100 km/h sous les cinq secondes.

La transmission (huit rapports) fait un travail admirable, mais passe à certains moments sèchement les rapports. La calibration de la pédale d’accélération est aussi trop sensible.

Derrière le volant

Le Durango SRT pèse 2500 kg, soit près de 320 kg de plus que la version équipée du V6. Pour composer avec ce surplus de poids, sa plateforme a été complètement retravaillée.

Les amortisseurs Bilstein se raffermissent ou se relâchent selon les divers modes de conduite. Cela a un effet tangible sur le comportement, permettant au gros VUS d’enfiler les virages avec un aplomb hors du commun pour un véhicule de ce gabarit.

Évidemment, la gigantesque empreinte pneumatique joue un rôle ici, mais ne perturbe en rien la tenue de cap, comme c’est souvent le cas avec des véhicules équipés de tels pneus. La direction assure une belle précision tout en diminuant de manière étonnante le rayon de braquage.

Le freinage est aussi très performant et bien dosé.

Les technologies embarquées

Le système Uconnect de Chrysler a toujours été considéré comme l’un des meilleurs, tous constructeurs confondus.

Cette dernière cuvée respecte cette constante. L’écran de 8,4 po projette des menus lisibles et biens construits.

Les fonctionnalités sont nombreuses, particulièrement sous l’onglet « SRT Performances pages » qui présente un nombre interminable de mesures de toutes sortes en plus de permettre de configurer la conduite selon divers paramètres. Seul bémol : on ne dispose pas de boutons classiques pour les sièges chauffants et ventilés, ce qui nous oblige à faire trop de manipulation. Comme pour la plupart des VUS ciblant les familles, on peut obtenir, moyennant un supplément, un lecteur Blu-ray et DVD pouvant diffuser des films sur deux écrans à l’arrière.

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